Des services juridiques à domicile pour rejoindre les personnes aînées

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Le modèle de services à domicile est bien connu et implanté pour fournir des soins de santé et pour accompagner les besoins psychosociaux. On n’a qu’à penser aux infirmières qui se déplacent pour administrer de la médication ou changer un pansement, ou aux éducatrices spécialisées qui accompagnent les usagers dans l’adaptation de leur milieu de vie. Cette façon de dispenser les services est essentielle pour rejoindre et desservir des personnes aux réalités et besoins variés.  

C’est notamment le cas des personnes aînées. Ainsi, plusieurs organismes communautaires soutiennent les personnes aînées par le biais de travailleurs et travailleuses de milieu, issus du programme des initiatives de travail de milieu auprès des aînés en situation de vulnérabilité (ITMAV). Ce programme a pour but de financer des travailleurs qui repèrent “les personnes aînées en situation de vulnérabilité ou à risque de fragilisation, en vue de favoriser une connexion ou une reconnexion vers les ressources pertinentes de leur communauté dans un contexte d’accompagnement, tout en laissant ou en redonnant à la personne aînée le pouvoir de faire des choix (empowerment) favorisant son mieux-être1”. 

Dans le secteur de la Ville de Québec, les organismes communautaires qui ont des travailleurs et des travailleuses de milieu sont le Centre d’action bénévole du Contrefort, le Patro Laval, l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), le Service amical Basse-Ville et la Corporation d’habitation Giffard. Ces travailleurs de milieux offrent régulièrement du soutien à domicile pour les personnes qu’ils et elles accompagnent.                                                                                                                              

Le déplacement à domicile est un modèle encore peu répandu pour fournir des services juridiques. Pourtant, plusieurs personnes aînées ne pourraient tout simplement pas avoir accès à de tels services si une juriste ne se déplaçait pas directement chez elles.  

Un partenariat avec les travailleurs et travailleuses de milieux était donc tout indiqué afin d’identifier les personnes aînées qui ont un besoin juridique, et ainsi mieux les rejoindre. 

Pourquoi s’adapter? 

Comme mentionné, plusieurs personnes aînées ne sont pas en mesure de se déplacer, ou ne s’en sentent pas à l’aise. Ces personnes sont susceptibles d’avoir des réalités physiques qui les en empêchent, telles que des problèmes de santé qui occasionnent des enjeux de mobilité. D’autres ont des craintes qui les rendent hésitantes à se rendre dans de nouveaux endroits. 

Celles-ci ont souvent moins accès à des moyens de transport. Lorsqu’elles n’ont pas de permis de conduire ou pas de voiture, les options sont limitées et la logistique est complexe (transport adapté, transport en commun, aide d’un bénévole, entourage pour accompagner). Pour plusieurs, ces options ne sont pas adaptées à leur réalité ou tout simplement pas disponibles. 

De plus, les services par téléphone sont souvent considérés comme étant moins personnalisés, et ne sont pas adaptés pour les personnes qui ont des problèmes d’audition ou ont besoin d’un haut niveau d’accompagnement dans leurs démarches.   

Pour toutes ces raisons, le déplacement à domicile est essentiel, puisque plusieurs personnes aînées ne seraient pas en mesure d’obtenir le service autrement.                                                                                                                                                             

Comment s’adapter? 

Le fait d’offrir un service à domicile permet de pallier ces différents obstacles en se déplaçant vers la personne, plutôt que l’inverse. Cette façon de faire entraine souvent une création rapide du lien de confiance, puisque les personnes sont conscientes du temps investi dans ce déplacement. Plusieurs nomment se sentir valorisées et importantes de ce simple fait. Les personnes sont accueillantes et se confient facilement dans un tel contexte. Il est ainsi plus facile de bien comprendre leurs besoins en ayant un accès intime à plusieurs aspects reliés à leur besoin juridique. 

D’un point de vue purement logistique, une offre de services à domicile demande évidemment une adaptation de l’organisation du travail et plusieurs compromis. En effet, le nombre de personnes desservies en une journée est nécessairement  limité, en raison du temps de déplacement dont il faut tenir compte. 

Les personnes rencontrées ont souvent des ressources technologiques très limitées. Il n’est pas rare qu’elles n’aient pas de connexion internet, d’adresse courriel, d’ordinateur, de cellulaire ou d’imprimante. Afin d’offrir un accompagnement complet et clé en main, il est donc nécessaire de se munir de matériel portatif comme un téléphone qui permet un partage de connexion internet, une imprimante avec du papier et un ordinateur portable. Cela permet de réviser et compléter des documents, de les imprimer ou de les numériser afin d’en laisser une copie à la personne. En bref, il s’agit de se doter des mêmes outils que lors d’une rencontre dans un bureau plus traditionnel. 

Finalement, dans plusieurs cas, les travailleurs de milieu qui ont identifié et référé les personnes sont présents lors des rencontres de soutien juridique, avec le consentement de la personne. Cela permet un accompagnement complet des besoins psychosociaux connexes aux besoins juridiques, en plus de mettre la personne en confiance puisqu’un visage connu est présent au moins lors de la première rencontre avec la juriste. 

Conclusion  

Tel qu’expliqué précédemment, le rôle des travailleurs et travailleuses de milieu est de briser l’isolement des personnes aînées et de favoriser leur autonomie et leur maintien dans leur communauté2. L’accès à des services juridiques par le biais d’une juriste qui se déplace directement chez les personnes aînées est un outil supplémentaire pour ces intervenants et intervenantes afin de rencontrer ces objectifs. Les personnes aînées ont ainsi accès à de l’information sur leurs droits et leurs recours, du conseil dans leur prise de décision et de l’accompagnement dans leurs démarches juridiques, un service auquel elles n’auraient souvent pas eu accès dans d’autres circonstances.